Aller au contenu principal

Stratégies – Et la ville devint intelligente

26 décembre 2013

Arnaud Alcabez

Aujourd’hui, seulement 2 % de la surface de la terre sont occupés par les villes. Or, d’ici 2050, elles accueilleront 70 % de la population mondiale et seront à l’origine de 80 % des émissions de CO2.

Ainsi, selon le Conseil économique social et environnemental (CESR), la population francilienne en 2050 aura augmenté d’environ trois millions d’habitants pour atteindre 15 millions d’individus en Ile-de-France. (75 à 80 millions en France, pour 9 milliards dans le monde). Que dire si vous vous sentez déjà à l’étroit dans les transports en commun ?

Il est facile d’imaginer les effets collatéraux d’une explosion de la démographie du Grand Paris, sur le travail, les transports, la distribution, l’alimentation ou le logement…

Ainsi, la qualité de vie va devenir, comme dans toutes les grandes cités avec lesquelles Paris sera en compétition, un défi permanent. Nous n’avons pas d’autres choix que de faire en sorte que la vie en région parisienne soit agréable, faute de quoi, le nombre d’actifs dynamiques quittant le bassin francilien n’aura cesse de croître. Parallèlement, nous aurons également à nous occuper de nos aînés : le nombre des franciliens âgés de 75 ans devrait doubler dès 2030, et il faut prévoir que le nombre de maisons de retraite soit multiplié par quatre d’ici 2050.

 

De part cette démographie croissante, outre les questions énergétiques, les villes, sont d’ores et déjà confrontées à de nombreux problèmes de ressources (espace, mobilité, financement, etc.), problèmes auxquels elles doivent très rapidement trouver des réponses pour demeurer attractives aux yeux des nouveaux talents, des entrepreneurs, des créateurs, des investisseurs… bref, de tous ceux qui contribuent à sa vitalité.

En ce qui concerne le coût de l’énergie, et en réponse à l’engagement de l’Union Européenne à diminuer ses émissions de CO2 de 80 % entre 1990 et 2050, les énergies renouvelables devraient représenter 50 % de la production sur le Vieux Continent, sachant qu’aujourd’hui, 50 % de la production est assurée par les énergies fossiles, 28 % par le nucléaire. Cette évolution entraînera une forte et continue hausse des tarifs de l’électricité pendant les vingt ans à venir, puis les prix grimperont plus doucement jusqu’en 2050 en raison des coûts d’investissements pour déployer les nouvelles infrastructures énergétiques et la diminution de l’utilisation des installations existantes, qui abaisse leur rentabilité.

 

Dans un tel contexte, un nouveau concept émerge progressivement : celui des cités intelligentes (ou « Smart Cities »). Des villes modernes, capables de mettre en œuvre des infrastructures (d’eau, électricité, gaz, transports, services d’urgence, services publics, bâtiments, etc.) communicantes et durables pour améliorer le confort des citoyens, être plus efficaces, tout en se développant dans le respect de l’environnement.

image 1

Le développement des cités intelligentes est d’abord une réponse aux aspirations des habitants en termes d’objectifs économiques, environnementaux et sociaux :

Objectifs économiques (Efficacité)

  • Améliorer le partage d’informations et développer la coordination entre les différents services de la ville
  • Améliorer la qualité du service et l’utilisation des ressources opérationnelles
  • Optimiser les investissements
  • Accroitre la réactivité de la vile face à des événements imprévus

Objectifs environnementaux (Durabilité)

  • Réduire la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre
  • Encourager l’utilisation des énergies renouvelables
  • Optimiser l’utilisation des ressources naturelles
  • Réduire les besoins en investissements lourds
  • Respecter l’héritable et préparer le futur de la ville

Objectifs sociaux (Viabilité)

  • Proposer une meilleure qualité de vie aux habitants
  • Développer de nouveaux services innovants pour les citoyens, pour les touristes et les entreprises
  • Être plus attractive et compétitive face aux autres viles

Pour atteindre ces objectifs, de nombreuses adaptations devront être réalisées dans plusieurs domaines techniques :

En matière de gestion de l’énergie

  • Déploiement des réseaux intelligents (SmartGrids)
    • Systèmes avancés de gestion du réseau en temps réel
    • Automatisation, flexibilité des équipements, gestion des actifs
    • Mesure et gestion interactive de l’effacement (adapter la demande à l’offre)
    • Intégration des énergies renouvelables
    • Améliorer les distributeurs pour une meilleure gestion de l’énergie jusqu’au périphérique

En matière de gestion des bâtiments et des logements

  • Systèmes intégrés de gestion du bâtiment (sécurité, énergie…)
  • Contrôle des consommations et tableaux de bords (énergie et CO2)
  • Pilotage intelligent des logements
  • Connexion au SmartGrids

En matière de gestion de la mobilité

  • Infrastructures de recharge, pilotage de la charge, services de gestion pour véhicules électriques
  • Gestion auto-adaptative du trafic
  • Améliorer la mobilité en ville et rendre le trafic plus fluide avec les voitures connectées
  • Favoriser l’usage des transports publics, collectifs ou partagés, et gérer la multimodalité
  • Péages urbains
  • Systèmes de gestion intégrée de la mobilité et de l’information voyageurs en temps réel

En matière de gestion de l’eau

  • Réseaux intelligents
    • Gestion de la distribution
    • Détection des fuites
    • Qualité de l’eau
    • Systèmes de contrôle et de sécurité
    • Gestion des événements naturels

En matière de gestion des services publics

  • Gestion des événements graves
  • Sécurité publique et vidéosurveillance
  • Système de gestion de l’éclairage public
  • Information aux citoyens et aux touristes

En matière de gestion intégrée (ou « services transverses »)

  • Plateforme de gestion intégrée des applications urbaines (mobilité, éclairage public, etc.)
  • Systèmes d’information et de gestion de l’énergie et du CO2
  • Service interactifs et expertise météo

Les enjeux économiques sont colossaux, notamment pour les entreprises capables de fournir ces services aux collectivités et aux services publics. Néanmoins, le marché européen reste toujours diversifié dans l’idée des priorités d’une ville intelligente. Ainsi, un sondage réalisé par 3M/TNS dans cinq pays européens sur les attentes citadines montre des variations, hormis l’efficacité des transports, plébiscitée par quatre pays sur cinq.

En tout les cas, pour réussir ce pari, les technologies du Cloud Computing, du Big Data, de l’Open Data, et de la mobilité seront mises à l’honneur pour concevoir ces cités intelligentes. A ce propos, vous trouverez en annexe quelques sites de démonstration exploitant l’Open Data.

Enfin, pour terminer, la cité intelligente de 2050 reste un idéal à atteindre et ne garantit en rien que ces technologies soient celles que nous sommes capables d’imaginer aujourd’hui. Comme l’a écrit récemment Founder Funds dans un rapport à propos du futur : « Nous voulions de voitures volantes, à la place nous avons eu 140 caractères », en parlant de notre vision du futur dans les années 60 et notre incapacité à imaginer un service comme Twitter, de par sa simplicité technologique.

dataparis.io

image é

flightradar24.com

image 3

wearedata.watchdogs.com

image 4

 

IT Pro Magazine, Août 2013

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :