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Stratégies – BYOD et Cloud Computing: Est-ce la queue qui remue le chien ?*

10 janvier 2013

Arnaud Alcabez

CloudLockLe BYOD (Bring Your Own Device) continue sur sa lancée. Selon une étude de Forester Research (Juin 2011), le BYOD est déjà entré dans les entreprises pour 60% d’entre elles, et les questions à propos du manque de délimitation claire des responsabilités entre l’organisation et les utilisateurs, sont de plus en plus nombreuses.

Certes, le BYOD augmente la productivité. Du moins, c’est une justification commune pour accéder aux demandes des employés pour qu’ils soient autorisés à utiliser leurs appareils personnels au travail. Mais tout en travaillant avec des dispositifs informatiques familiers qui peuvent rendre les individus plus productifs, un des facteurs insidieux du BYOD est qu’il provoque un déclin global de la productivité organisationnelle de l’entreprise, non seulement en ce qui concerne le nombre et la variété des dispositifs qui y prolifèrent, mais aussi sur le nombre d’applications et de référentiels de données associés. En outre, bien que certaines informations du capital informel de l’entreprise soient susceptibles d’être stockées sur les ordinateurs personnels, certaines finissent par se retrouver copiées sur des services dématérialisés externes (Microsoft SkyDrive, Google Docs, iCloud, ou bien encore Dropbox…).

La possibilité pour les employés de travailler efficacement est par conséquent limitée par le manque d’accès facile et sécurisé à l’information dont ils ont besoin. Heureusement, tout comme la virtualisation des serveurs a permis d’unifier les centres de données informatique, on peut mettre en œuvre une stratégie de virtualisation de postes de travail dite « Desktop-as-a-Service » pour atténuer les inefficacités informatiques de la mouvance BYOD.

Moins connu que les technologies IaaS, PaaS et SaaS, le « Desktop as a Service » ou DaaS, ouvre la voie à une nouvelle génération d’environnement de travail. Dans ce modèle, il est question de fournir un environnement de travail (comprenant à la fois l’OS, les applications mais aussi les paramètres et préférences utilisateurs) à la demande. Celui-ci est totalement décorrélé du terminal sur lequel il va s’afficher. Ainsi, un environnement de travail de type DaaS pourra aussi bien être distribué sur des postes de travail traditionnels (PC, ordinateurs portables…), que sur un smartphone ou encore une tablette.

Après avoir subi pendant de nombreux mois la pression des métiers pour ouvrir aux appareils personnels certaines fonctionnalités (messagerie, réseau social d’entreprise, partage de fichiers, accès aux imprimantes, accès au carnet d’adresses, CRM ou accès à Internet), les (grandes) entreprises semblent voir dans le « Desktop as a Service » la solution pour répondre aux attentes des enthousiastes du BYOD sans contrevenir ni aux règles de sécurité, ni aux chartes informatiques en vigueur.

Alors l’entreprise doit-elle gérer la mouvance BYOD uniquement ou doit-elle considérer le BYOD comme un élément mineur d’un projet DaaS ? Si l’intégration du BYOD seule pose plus de problèmes que de réponses pour l’entreprise, œuvrer pour la mise en place d’un service DaaS est un projet nettement plus ambitieux en ce qui concerne ses impacts organisationnels (à gauche) et techniques (à droite).

BYOD-DaaS

*D’où le titre de ce mois, traduction littérale de l’expression anglo-saxonne « The tail wagging the dog », où comment un élément d’importance mineure peut dominer une situation. En français, on pourrait aussi dire « l’arbre qui cache la forêt ».

(Pour IT Magazine, Février 2013)

VDI, DaaS, HVD ?

Chronologiquement, la notion de VDI (Virtual Desktop Infrastructure) est la plus ancienne lorsqu’on évoque la virtualisation des postes de travail. La paternité du terme VDI reste d’ailleurs objet de nombreuses discussions sur Internet1. Le VDI est une technologie de virtualisation conçue pour permettre à l’entreprise de virtualiser elle-même ses environnements de travail, dans son propre datacenter, sur des serveurs en lame (blade servers) par exemple.

La terminologie DaaS (Desktop as a Service) a été utilisée dès 20062 en résonnance avec l’apparition des services de type cloud computing. Le DaaS prolonge en quelque sorte les caractéristiques de la VDI en lui apportant une dimension d’élasticité, de facturation à la demande, et d’accessibilité au travers de protocoles standards sur l’Internet. En résumé, dans le cadre d’une offre de DaaS, l’environnement virtualisé de travail est fourni par un opérateur ou fournisseur tiers chargé d’héberger, gérer et intégrer les applications souhaitées par l’entreprise. Elles seront distribuées de façon sécurisée depuis un Cloud multi-tenants, sous la forme d’un abonnement à l’usage des environnements de travail. Néanmoins, elle est aujourd’hui une appellation contestée, d’une part parce qu’elle est trop restreinte par rapport au sujet traité, et d’autre part, parce que l’acronyme DaaS est également celui de Data as a Service, qui désigne un concept consistant à faire payer un abonnement pour l’accès à un ou plusieurs dépôts de données via une interface proposée par un fournisseur de cloud computing.

Depuis 20093, on utilise le nom de HVD (Hosting Virtual Desktop) pour désigner l’ensemble des technologies et des concepts répondant à la virtualisation du poste de travail, comme le rapportait le Gartner dans une étude4 sur les technologies émergeantes en 2009, et l’explique Dominique Filippone5 pour JDN (Le Journal du Net) dans un article détaillé.

1 http://www.bythebell.com/2010/10/who-really-invented-virtual-desktops.html
2 http://jroller.com/jaimec/entry/the_desktop_as_a_service
3 http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Hosted_Virtual_Desktop&action=history
4
http://ebookbrowse.com/vmware-gartner-research-emerging-technology-analysis-hosted-virtual-desktops-whitepaper-pdf-d113820380
5
http://www.journaldunet.com/solutions/systemes-reseaux/virtualisation-poste-de-travail/

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