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Stratégies – Il y a 10 ans naissait Exchange Magazine

22 décembre 2012

Arnaud Alcabez

Office-2013-LogoIl y a dix ans, nous n’étions alors que 171 millions connectés à Internet et sans Facebook. Lotus Notes était la solution leader sur le marché des messageries professionnelles avec 46%, suivi de Microsoft 44,6%. C’était l’époque où une base de données de l’édition standard était limitée à 16 giga-octets, et où seuls 256 Mo de RAM suffisaient pour installer le logiciel (http://bit.ly/T1Rbly). C’était un an avant que Google ne commercialise Gmail…

Il y a dix ans, en novembre 2003, les éditions IT Media lançaient un nouveau bimestriel, Exchange Magazine.

Pour les participants au programme d’adoption d’Exchange 2003 Server, nous avons senti dès les premières présentations que cette édition allait rencontrer un certain succès : Intégration avec la suite Office 2003 et le mode déconnecté pour Outlook 2003, une version Web et Mobile pour les nomades, et l’apparition du mode HTTPS pour une connexion sans VPN. D’ailleurs, dès l’année suivante, Microsoft Exchange Server dépasserait Lotus Notes en termes de plateformes installées.

Moins de 10 ans après que quelques français aient reçu le message ci-dessous, et sur l’initiative du chef de produit Exchange de l’époque, Patrick Duboys, en quelques mois, nous avions un magazine dédié sur Exchange en France, une communauté de passionnés connectés entre eux, et un groupe utilisateur.

Objet: Microsoft Exchange: naming and delivery dates
Date: vendredi 17 juin 1994 13:25
From:  MS-Mail and Exchange Team
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Product Name:
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The upcoming Information Exchange Conference (June 20-23) will give all of our key decision making audiences:  network administrators, the ISV community, and business executives an overview of our workgroup product direction over the next 12 to 18 months. At the conference and event, We will announce the name:
      "Microsoft Exchange Server"
or "Exchange" for short. At the IEC we will also demonstrate the contents of its current technical test release.
Product Delivery Dates:
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Given this public disclosure, we feel it is important to clarify our progress in terms of product delivery.
     NON-NDA position:
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The public position is that we will ship full-featured, pilotable beta before the end of the year to help customers plan their deployment.
     NDA position:
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The current test release is on track for release this week to the current "TR2" set of customers. Our plan is to broaden the number of accounts with access to the code with a full-featured pilotable beta, suitable for evaluation, before the end of the year. Customer feedback will determine when the product will become generally available.  We expect based on current progress and past projects that this means an expected final delivery in the first half of '95.
Our conclusion in looking at this category, based on customer needs, is that the next major advancement in messaging requires a highly reliable client/server system.  To that end, reliability and deployablility are critical to success and determine the final release schedule.
Mail/Exchange Team.

Exchange, une histoire compliquée qui méritait bien son magazine !

L’appétit de Microsoft pour les applications de messagerie remonte à 1991. C’est la date à laquelle Microsoft acquiert une petite entreprise canadienne de Vancouver du nom de Consumers Software pour l’application Network Courier e-mail sur la base de laquelle l’éditeur commercialisera ses premiers produits. Microsoft revendra la technologie quelques temps après à une entreprise appelée StarNine dont on trouve encore quelques traces dans la base du support technique de Microsoft (http://bit.ly/TVUbhG).

Sortiront successivement les éditions suivantes :

tableau

Chaque version de Microsoft Exchange a su apporter son lot d’innovations. Bien souvent critiquées au moment où elles sont lancées, elles finissent par être non seulement tout à fait justifiées, mais elles servent également de modèle pour les autres applications de l’éditeur. Première application a être portée par Active Directory, c’est aussi la première a avoir imposé PowerShell comme interface automatisée de traitement, la première a avoir pris le risque de n’être disponible qu’en version 64 bits, et l’une des premières applications professionnelles a être disponible dans le nuage.

Certes, chaque nouvelle édition sert également à tester des services qui ne seront pas conservés dans les versions suivantes. Par exemple, les SCR, LCR, CCR et SCC (http://bit.ly/U79qYH) d’Exchange 2007 n’auront existé que le temps d’une version, et auront été à l’origine de bien nombreux articles. Ce fût aussi le cas avec Exchange 2000, avec les Exchange 2000 Server Chat Service et Microsoft Exchange 2000 Conferencing Server qui auront été les ancêtres de Microsoft Office Communications Server.

N’oublions pas que Microsoft Exchange a été conçu alors que l’Internet n’était qu’une bizarrerie d’étudiants et de chercheurs universitaires. Bâti sur un protocole de transport X.400 (http://bit.ly/9zpA9C), une identification des utilisateurs basée sur la norme X.500, il a évolué vers des protocoles « tout Internet », tels que HTTP, SMTP et LDAP.

Ces protocoles d’ailleurs n’ont pas totalement disparus d’Exchange, y compris dans la version 2013. Oui, oui, vous avez bien lu : D’une certaine manière, Exchange 2013 est toujours compatible avec des messageries telles qu’Exchange 4.0, MSMail ou Cc:Mail comme l’explique la fiche de la base Technet http://bit.ly/RzP2R3. On ne sait jamais… Sans doute est-ce prévu dans le cas où vous retrouveriez quelques utilisateurs coincés dans une faille spatio-temporelle ?

Exchange a su également s’approprier les tendances générationnelles de son époque, comme le protocole NNTP (Network News Transfer Protocol) ou le protocole IRC (Internet Relay Chat), et les a retiré dès que ces fonctions ont été portées par d’autres produits : Tahoe (SharePoint) et Greenwich (OCS).

Enfin, certaines technologies ont la dent dure. J’en citerai deux comme exemples : Les dossiers publics et les FE/BE (Front-end et Back-end).

Pour une fonctionnalité qui avait été condamnée à mort lors de la sortie d’Exchange Server 2007, les dossiers publics reviennent plutôt en forme. Jusqu’à la sortie d’Exchange 2013, Microsoft déconseillait d’avoir recours à cette technologie et encourageait les utilisateurs à migrer vers SharePoint. Retournement de situation en 2013, puisque les dossiers publics de Microsoft Exchange 2013 ont été améliorés afin de bénéficier des technologies de haute disponibilité et de stockage existantes de la base de données de boîtes aux lettres. En clair, cela signifie que les dossiers publics sont gérés comme n’importe quelle banque d’information privée, et peuvent faire partie d’un DAG (Database Availability Group). Si cela ne change rien du point de vue de l’utilisateur, quelques modifications sont à prévoir pour les administrateurs, au sens où la réplication et la base active demandera de revoir quelque peu votre organisation. Il semble toutefois que cette décision soit assez récente, car les dossiers publics ne seront pas accessibles depuis Outlook Web App ni par Outlook 2013 dans un premier temps (http://bit.ly/WiGi3c)

Avec Exchange 2013, Microsoft a souhaité simplifier les rôles serveurs qu’il avait introduits avec Exchange 2007. Souhait complètement exaucé puisque l’architecture a été tellement simplifiée que nous voici revenus à une architecture frontale (Front-end) et dorsale (Back-end). J’emprunterai le titre humoristique d’un de mes collègues bloggeur anglo-saxon : « Microsoft Exchange goes back to the future with server roles ».

La boucle est bouclée : En 2003, nous écrivions des articles sur les architectures FE/BE et sur les dossiers publics… en 2013, nous écrirons des articles sur les architectures FE/BE et sur les dossiers publics. Vous voyez, on avance bien, non ?

Que sera Exchange dans dix ans ?

C’est une bonne question. Qui sait ? Exchange s’adapte toujours aux événements conjoncturels : Aujourd’hui, les tablettes tactiles, l’ultra socialisation des utilisateurs. La version 2013 en est la preuve, pour ceux qui ont déjà joué avec Outlook Web App 2013.

Le marché de la messagerie électronique continue à grossir. Le groupe Radicati estime que nous sommes un peu plus de 2,1 milliards d’utilisateurs professionnels et particuliers à nous servir d’une boîte aux lettres électronique, et selon leur projection, nous serons 2,7 milliards dans quatre ans (Source : http://bit.ly/TrxdAp). Le trafic mondial quant à lui est estimé aujourd’hui à 144 milliards de messages électroniques par jour (dont 89 milliards émis par les entreprises) et devrait atteindre 192 milliards messages/jour en 2016. Donc, si la crise existe, ce n’est certes pas en ce qui concerne la messagerie électronique asynchrone. A voir ces chiffres, il semblerait même que le volume de correspondances échangées via les messageries instantanées ou les réseaux sociaux soient sans impact majeur sur la croissance du volume de messages électroniques traditionnels.

La tendance la plus importance en entreprise semble être la croissance rapide des interfaces clients web (+13% de croissance – de 629 millions en 2012, nous passerions à 1 milliard à la fin de 2016), sans doute lié à l’accélération de l’adoption du cloud computing pour la messagerie par les entreprises.

Mais est-ce qu’à l’intérieur de l’entreprise il en sera de même ? Selon Thierry Breton, les salariés usent de 16 heures par semaine pour simplement regarder leurs mails dont, au final, seulement 15% sont utiles. La SSII va supprimer l’e-mail en interne pour le remplacer par un réseau social d’entreprise sur la base de la solution BlueKiwi, rachetée il y a quelques temps par Atos. Le RSE d’Atos va être progressivement déployé dans l’entreprise pour concrétiser le programme « zero email » d’ici 2014. Des premiers tests ont eu lieu en août dernier avec un déploiement effectif à partir d’octobre 2012 sur certaines filiales de la SSII.

Quoiqu’il en soit, ces dix années à écrire sur Exchange ont été extraordinaires au travers d’Exchange Magazine, et désormais IT Pro Magazine. Mais cela n’aurait pas pu être possible sans vous, et je tenais à vous associer et vous remercier chaleureusement, que vous découvriez ce magazine aujourd’hui ou que vous soyez un fidèle lecteur depuis des années.

Ca y est ! Je suis prêt pour dix nouvelles années. Et vous ?

Pour IT Pro Magazine, Janvier 2013

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