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Stratégies – Le Cloud Computing, une agriculture industrielle du numérique

13 novembre 2012

Arnaud Alcabez

D’après le Cisco Cloud Index, le trafic mondial au sein des datacenters devrait atteindre 4,8 zettaoctets d’ici 2015, contre 1,1 en 2010. Rappelons qu’un zettaoctets représente l’équivalent de 66,7 milliards d’heures de musique en streaming, ou de 15,5 milliards d’heures de Web conférence d’entreprise avec une webcam, ou encore de 4,8 milliards d’heures de visionnage de vidéo haute-définition en streaming.

Si on regarde de plus près l’évolution du stockage sur une période de 30 ans, son coût au giga-octet ne fait que diminuer au fil des années :

  • 1981 : $300.000
  • 1987 : $50.000
  • 1990 : $10.000
  • 1994 : $1.000
  • 1997 : $100
  • 2000 : $10
  • 2004 : $1
  • 2012 : $0,10

Dès lors que les entreprises, de plus en plus dépendantes et dans l’obligation de conserver le patrimoine informatique commun et individuel, continuent à investir, les besoins de maintenance des infrastructures suivent. Aujourd’hui, le stockage informatique pèse pour plus d’un tiers du marché mondial de la maintenance (soit 31 milliards de dollars sur un total de 86 milliards), et son poids ne devrait qu’augmenter sous l’effet de deux tendances :

  • Des besoins de plus en plus nombreux et consommateurs d’espace disque (Big data, virtualisation de postes de travail et de serveurs, boîtes aux lettres perpétuelles, profilage des utilisateurs et mise à disposition de leurs archives, fichiers de cache pour l’expérience utilisateur en mode déconnecté, portails documentaires et outils de réseaux sociaux de plus en plus nombreux, plans de reprise sur incident et haute disponibilité, self-BI, etc.)
  • Des matériels de plus en plus performants mais de plus en plus fragiles et complexes, marqués par une obsolescence plus prononcée.

Par exemple, en l’espace de dix ans, le nombre d’entrées/sorties entre l’application et son stockage pour un produit comme Exchange Server a été réduit de 99% et le prix du stockage réduit par dix !

Alors, doit-on régulièrement migrer ses données d’un espace de stockage à un autre et affiner fréquemment nos « champs de données » afin d’en tirer le meilleur parti au plus faible coût de production ?

Si nous prenons comme exemple une boîte aux lettres d’un utilisateur, de 25 Go d’espace disponible, redondée et sécurisée en considérant un amortissement sur trois ans, le coût de production pour l’entreprise en se basant sur des technologies récentes n’est que de $0,20 par mois, par utilisateur. Avec une technologie datant de 3 ans, elle est de $2 par mois, et avec une technologie de 10 ans, de $20 par mois. Sans commentaires…

Le cloud computing, c’est donc changer d’échelle de valeur et introduire une nouvelle approche de TCO, celle en quelque sorte de l’agriculture industrielle du numérique. Passer du petit producteur que nous sommes, au grand propriétaire terrien. Parler de « giga brut » (la valeur du giga-octet de stockage brut) et de « giga transformé » (le coût de la transformation et de production de nos champs de données : messagerie, bases de données, etc.). Augmenter le rendement de vos espaces de stockage, c’est régulièrement en réduire le coût de possession et de production pour massifier la densité (volumétrie au m²) tout en diminuant la consommation électrique nécessaire pour produire vos données transformées. Et ce n’est qu’un début : L’industrie nous promet déjà dans un avenir proche des disques durs dopés aux gaz à faible densité pour réduire la facture énergétique, avec des gains escomptés entre 23% et 45% d’économie d’énergie (en watts) pour un 1 To utile.

Pour IT Pro, Novembre 2012

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