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Office 365 – La réversibilité des données dans le cloud computing

20 février 2012

Arnaud Alcabez

Radicalement différent de l’année précédente, les Microsoft TechDays 2012 étaient plus nuancés sur l’utilisation du cloud computing par rapport à l’édition 2011 , où cette thématique était omniprésente et présentée comme une révolution par tous les acteurs du salon. Signe de son chemin vers la maturité, le cloud computing était toutefois bien présent sur les stands, mais plutôt comme une composante intégrée aux solutions présentées cette année. Il ressort néanmoins toujours quelques inquiétudes sur l’adoption de cette technologie dès qu’on aborde ce sujet : Quel ROI (retour sur investissement) attendre de ces solutions, et les garanties en matière de sécurité et de réversibilité des données lorsqu’elles sont stockées dans le nuage.

Dans cet article, nous allons étudier comment Microsoft Office 365, et plus particulièrement Exchange Online peut être conçu comme une solution disposant d’un possible retour arrière fluide.

Réversibilité : De quoi parle-t-on ?

Une difficulté réside déjà dans la définition même de ce qu’on entend par réversibilité. Lors de vos échanges avec des tiers, assurez-vous que vous partagerez bien la même définition « d’un système réversible ». Selon les interlocuteurs que vous croiserez :

  • Au sens minimum, la réversibilité consiste à conserver une copie des données « chez soi »,
  • Au sens large, la réversibilité est la possibilité de revenir à une situation antérieure si celle-ci est toujours viable,
  • Dans la pratique, on n’envisage que rarement de revenir au système passé, fût-il que vous l’ayez conservé, mais plutôt de se diriger vers un autre système ou un autre prestataire. Pour vulgariser, on parlerait plutôt de transférer les clés de votre système à une autre société d’hébergement,
  • En théorie, les organismes indépendants, comme le Cigref par exemple, définissent la réversibilité de manière assez théorique et sans trop tenir compte des réalités du marché privé du cloud computing : « Les offres doivent être interopérables, réversibles et reposer sur des standards ouverts »,
  • Mais, en réalité, ce qui nous intéresse vraiment, c’est que le format des données et des applications « restituées » en fin de contrat puissent être exploitables par un client ou son nouveau prestataire, sans qu’il y ait une coupure du service – ou avec une coupure minime du service – pendant cette opération.

En fonction de la définition qui vous semblera la plus approprié dans votre situation, votre recherche vous conduira à examiner des solutions très différentes les unes des autres :

  • L’archivage et la sauvegarde de vos données :

Seule la donnée sera sauvegardée et les différentes informations relatives au service, telles que la sécurité, les permissions d’accès, les propriétés de la boîte aux lettres ou du service seront perdues. En clair, le service ne sera pas réversible. Ce besoin s’appuiera sur l’identification de solutions de sauvegarde On premises ou en ligne compatibles avec Office 365. Si le nombre de vos boîtes aux lettres est peu élevée, c’est aucun doute la solution la plus économique qui vous permettra de préserver vos données dans un format standard (.PST). Toutefois, la solution se heurtera à deux contraintes fondamentales.

▶     La capacité à pouvoir se servir de votre organisation Office 365 comme étant la source centrale de votre sauvegarde, du moins, si vous n’envisagez pas de sauvegarder vos postes de travail un par un à partir du client Outlook,

▶     Les volumes échangés entre Office 365 et votre solution de sauvegarde avec un débit Internet limité, ce qui pourrait vous conduire à soit limiter le nombre de postes que vous sauvegardez, soit limiter les tailles des boîtes aux lettres.

  • Les modèles hybrides de type On premises et On line

Vous cherchez une solution permettant de disposer d’une réversibilité partielle (à la boîte aux lettres) entre Office 365 et vos serveurs Exchange On premises. Cette solution passera par la mise en place du scénario de coexistence On premises et Online.

  • Les architectures de ré-internalisation

Vous cherchez une solution permettant de disposer d’une réversibilité intégrale vers vos serveurs Exchange On premises. Cette solution passera par la mise en place du scénario de coexistence On premises et Online.

  • Les architectures prédisposées à la transférabilité

Vous cherchez une solution permettant de disposer d’une réversibilité intégrale vers un cloud privé interne ou vers un cloud privé d’un partenaire. Cette solution passera par la mise en place du scénario de coexistence On premises et Online.

  • Les architectures prédisposées à la portabilité

Vous cherchez une solution de déplacement entre fournisseurs de cloud. Malheureusement, la portabilité entre fournisseurs cloud dans le modèle SaaS (Software As A Service) n’est pas d’actualité et ne le sera peut-être jamais au regard de la forte compétition qu’il existe entre les différents fournisseurs et l’absence d’un organisme fort et indépendant capable d’imposer des standards. Toutefois, dans ce scénario, les solutions de PaaS (Plateform As A Service) telles que Microsoft Windows Azure ou Amazon EC2 vous permettent d’installer un environnement Exchange dématérialisé sur des machines virtuelles tout en configurant vos zones DNS publiques afin qu’elles pointent vers cet environnement. Dans cette configuration, votre organisation Exchange devient « transportable » entre fournisseurs de machines virtuelles. En résumé, la portabilité d’un environnement Exchange entre fournisseurs cloud n’est pas à rechercher du côté des solutions de type SaaS, mais devient possible si vous envisagez de construire votre architecture dans le modèle PaaS. Si vous êtes déjà sur Office 365 et que vous vous intéressez à la portabilité, vous pourrez concevoir un plan de migration, via un scénario de coexistence, entre Office 365 et l’environnement Exchange que vous aurez construit sur Windows Azure.

Comment préparer la réversibilité ? Comment déployer et maintenir une architecture réversible ? Quels sont les facteurs de déclenchement de la réversibilité ? Comment exécuter la réversibilité ? Retrouvez la suite de cet article dans le prochain numéro d’Exchange Magazine.

En conclusion

Microsoft Office 365 offre à l’architecte et à l’administrateur des fonctions lui permettant d’assurer la réversibilité de la solution. Ces hypothèses et la mise en conformité du système doivent être conçues, testées, et vérifiées avant la mise en production, dès qu’il sera possible.

Nativement, les données contenues dans les boîtes aux lettres des utilisateurs Exchange sont synchronisées sur les postes des utilisateurs, et vous permet de réaliser des sauvegardes des fichiers .OST vers des fichiers .PST, ce qui garantit « out of the box » d’un niveau minimum de réversibilité.

Il n’existe pas de procédure de réversibilité réalisée de bout en bout par Microsoft, et Microsoft ne fournit pas d’extraction complète de vos données stockées sur leurs Datacenter. Celle-ci devra être réalisée par la même équipe ayant réalisé la migration de vos données locales vers Office 365. Si vous vous faites accompagner d’une société de service pour migrer vos données vers le cloud computing, n’oubliez pas de les challenger sur leur méthode et leur coûts en ce qui concerne la réversibilité.

La réversibilité des données stockées dans SharePoint Online et Lync Online demandent d’être traitées séparément. Pour SharePoint, la complexité de la réversibilité dépend de la manière dont vous aurez organisé votre environnement. Par exemple, si vous utilisez un environnement de pré-production local et que vous développez avec les Sandbox, la réversibilité devrait être grandement facilitée, via votre environnement de pré-production.

Enfin, la réversibilité peut s’avérer plus complexe pour des scénarios où les services SaaS sont joints. Par exemple, si vous utilisez les services en cloud computing de RIM (BlackBerry Business Cloud Service) pour gérer Online vos périphériques BlackBerry, il vous faudra également vérifier les conditions contractuelles et la méthodologie de réversibilité de ces différents dispositifs.

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