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Et si RIM faisait faillite ?

23 janvier 2012

Arnaud Alcabez

Les deux fondateurs et Co-PDG du fabricant canadien de téléphones portables Research in Motion (RIM), Jim Balsillie et Mike Lazaridis, pionniers canadiens des téléphones multifonctions avec le BlackBerry, ont annoncé, dimanche 22 janvier, qu’ils démissionnaient de leurs fonctions.

Les deux hommes vont être remplacés au poste de directeur général par Thorsten Heins, 54 ans, qui était jusqu’à présent un des deux directeurs d’exploitation de l’entreprise basée à Waterloo, dans l’Ontario, et à la présidence du conseil d’administration par Barbara Stymiest, l’une des dirigeantes de la Banque Royale du Canada (RBC).

Mike Lazaridis devient, avec effet immédiat, vice-président du conseil d’administration, où il devrait assurer une transition en douceur et continuer à promouvoir la marque BlackBerry dans le monde.

RIM a perdu quelque 73 % de sa valeur à la Bourse de New York depuis un an. La société a atteint son plus bas niveau depuis neuf ans et est passée sous sa valeur comptable (book value), et l’annonce de BlackBerry OS 10 (ex-BBX), sa prochaine plate-forme mobile, retardée au deuxième semestre 2012, qui réunira BlackBerry OS 7 et QNX dans des appareils mobiles dualcore, n’a visiblement pas permis de redonner de l’espoir à des investisseurs quelque peu désabusés.

Après de nombreux déboires (Sécurité, coupure du réseau, plainte sur la marque BBM), une tablette « Playbook » qui n’a pas réussi à trouver sa place dans un secteur ultra-compétitif, et les rumeurs concernant la recherche d’un repreneur (Microsoft/Nokia/Amazon, Samsung, ..), serait-il possible que si la société ne trouve pas une solution rapide, elle pourrait demander son placement sous la loi canadienne sur la faillite et l’insolvabilité ?

Si cette hypothèse se concrétisait au fil des mois à venir, cela pourrait toutefois poser un certain problème. En effet, contrairement à de nombreux périphériques mobiles, le transfert des données depuis un BlackBerry emprunte des serveurs d’infrastructure appartenant à RIM. Si ces derniers venaient à être éteints, ce sont l’ensemble des services tels que le Push Mail, le carnet d’adresses, les services de messagerie instantanée, le Datacenter RIM pour les utilisateurs d’Office 365, et les applications développées qui s’arrêteraient de fonctionner correctement. Téléphoner et surfer sur Internet resteraient possible sans les services d’infrastructure de RIM, mais pour de nombreuses fonctionnalités, y compris pour activer un téléphone, les BlackBerry deviendraient des objets de connectivité sans connectivité, à l’instar de ce qui s’est passé pour les Nabaztag de Violet…. Aussi utiles que des pierres….

Si nous sommes encore loin d’un scénario catastrophe, parce que RIM dispose encore de nombreuses ressources, il est toutefois temps pour votre société si votre stratégie mobile passe par les services de la société RIM d’évaluer quel serait l’impact d’une coupure du service de ce fournisseur.

Sans pour autant faire preuve d’anxiété, ni changer pour le moment de choix d’architecture, les premières questions que vous devriez vous poser et présenter à votre direction pourraient être les suivantes :

  • Quel serait l’impact fonctionnel dans le cas d’une coupure d’un mois, d’un an, ou définitive ?
  • Quel serait le coût financier d’une rupture du service ?
  • Disposez-vous d’un plan de secours ? Quel financement ? Quel déclencheur ?
  • Vos applications sont-elles transposables rapidement ? Si non, à quel coût et à quelle échéance ?

En fonction des résultats de votre étude, vous pourrez identifier les risques pour votre entreprise et avec l’accord de votre direction, disposer d’un plan de secours à activer en cas d’un scénario catastrophe.

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