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Le futur de Microsoft Office 365 ?

2 mai 2011

Arnaud Alcabez

La date de publication commerciale d’Office 365, l’offre de services dans le cloud de Microsoft proposant Microsoft Exchange Online, Microsoft Lync Online, Microsoft SharePoint Online et Microsoft Office Professional 2010 Professional Plus (selon le niveau d’engagement) n’est plus qu’une question de semaines. Dans cette perspective, il est temps de commencer à étudier sous quelle forme cette suite pourrait évoluer dans sa prochaine itération majeure.

Si nous revenons en arrière, la première version appelée BPOS (Business Productivity Online Services) fût lancée aux Etats-Unis en Novembre 2008 sur la base des logiciels « 2007 » (Exchange Server 2007, SharePoint 2007, Office Communications Server 2007, Live Meeting) et à quelques mois près, il aura fallu attendre 3 ans pour disposer de la plateforme « 2010 ».

La prochaine vague des produits de collaboration, dont les noms de code terminent par « 15 », en sont aux premières phases de développement, même si des versions bêta ou CTP (Community Technology Preview) devraient apparaître en 2012, il ne fait aucun doute que ces nouvelles versions ne seront disponibles qu’à partir de l’année d’après soit 2013.

Donc, en ce qui concerne la succession d’Office 365, faudra-t-il attendre 2014 dans l’hypothèse la plus favorable pour disposer de la génération suivante ? Cela n’est pas évident, et pour deux raisons que je vais essayer d’exposer ci-après :

  • Le cycle de vie des applications en mode cloud et leur adoption suit un rythme plus rapide que les applications traditionnelles. On le constate tous les jours en surfant sur Internet. En 3 ans, en 5 ans, une application sur le cloud peut passer d’un statut pour initiés à un standard utilisé par des millions, des centaines de millions de personnes (comme Facebook par exemple). Dans le cloud, le monde se fait ou se défait à un rythme effréné et dans cette réalité, 3 ou 4 ans entre chaque version apparaît comme un millénaire numérique. En résumé, le fait que Microsoft ait décidé de s’appuyer sur des produits traditionnels risque d’apparaître de manière de plus en plus flagrante comme un frein au développement de ses applications dans le nuage.
  • Après avoir commercialisé BPOS, l’équipe qui avait participé à son développement a été en majorité réaffectée à d’autres opérations, ce qui est généralement assez courant dans le monde du développement traditionnel. Ceci a entrainé un effet de latence non négligeable pour la construction d’Office 365, et qu’au-delà des correctifs apportés pendant le cycle de conception, il a fallu reprendre la construction d’Office 365 à partir d’une feuille blanche, ce qui amène à deux résultats : Les plateformes BPOS et Office 365 doivent coexister dans le centre de données Microsoft, ce qui induit forcément un coût significatif pour l’éditeur autant pour les besoins en infrastructure que pour la maintenance en condition opérationnelle. Plus problématique, la migration des utilisateurs de BPOS vers Office 365 demandera un certain temps, si ce n’est pas plusieurs années et même si Microsoft aspire à la conduire sur un cycle court d’un an uniquement, dans les faits, il y a de fortes probabilités que cette période soit prolongée. Soyons réalistes, migrer 130.000.000 boîtes aux lettres en un an, est-ce réalisable ?

En résumé, si une prochaine version d’Office 365 basée sur les composants « Wave 15 » ne pourrait être au mieux disponible qu’en 2014 ou 2015 (soit 4 ans), et que cette fenêtre ne correspond ni aux cycles de développement dans le cloud, ni à la maintenance d’une équipe de développement sur cette plateforme, il est assez simpliste de penser qu’il pourrait exister une version intermédiaire entre Office 365 « Wave 14 » et Office 365 « Wave 15 ». Dans cette hypothèse, quelles pourraient être les nouveautés portées par une version intermédiaire ?
La suite dans Exchange Magazine, Mai 2011.

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